Bienvenue au pays de Giuseppina Caci. Sortie de l'Ecole Supérieure des Arts plastiques et visuels de Mons, l’artiste nous emmène dans la maison des poupées funèbres où la chambre d’enfant s’est transformée en scènes de complots dépravés.

Certes glauques, ses dessins rassemblent des personnages hybrides qui rappellent les contes revus par le feutre noir d’une jeune artiste. Non dépourvue d’humour, cette communauté se construit à partir de corps à la fois homme, pantin ou animal. Complexe, son tracé nous capture dans une composition labyrinthique proche d’un art graphique où les images se construisent de lignes et de points.

Pourtant, ils donnent l’impression de sourire et de s’amuser de leurs comportements. Parmi les cafards ou les coulées de sang noircis, il y fait bon vivre. Un coup de ciseaux, une jambe coupée, un jeu de mains tentaculaires ne semblent pas les effrayer. Lorsqu’on les imagine soumis, ils se relèvent pour perpétuer leurs gestes macabres. L’humour noir, voilà leur raison de vivre et leur manière de nous fasciner.

N’est-ce pas dans les frasques des contes de la petite enfances qu’ils trouvent leur inspiration? Mais ici rien n’est caché, tout est dit, du plus sensible au plus cruel. Contrairement à l’histoire d’ Alice, le pays des merveilles ne cache pas ses héros étranges qui nous plongent dans un univers menaçant qu’il est difficile de fuir.

© ISELP, Bruxelles, 2010.